C'est une petite révolution que la plupart des voyageurs attendaient depuis des années : la Malarone, l'antipaludique de chimioprophylaxie le plus prescrit en France aux voyageurs, dispose désormais d'un équivalent générique commercialisé sous sa dénomination commune internationale : atovaquone-proguanil.
Le contexte
Utilisé en prévention du paludisme à Plasmodium falciparum(la forme la plus sévère), l'atovaquone-proguanil est indiqué pour les séjours courts en zone de résistance aux autres antipaludiques. Deux qualités historiquement reconnues : une très bonne tolérance et un schéma simple — un comprimé par jour, à poursuivre sept jours après le retour.
Jusqu'ici, le principal frein à sa prescription était son prix : entre 45 € et 75 € la boîte en officine, pour un séjour de deux à trois semaines. Un coût qui, multiplié par deux adultes, pouvait facilement dépasser 200 € rien que pour la prophylaxie.
Ce que change le générique
- Une baisse sensible du prix en pharmacie (de l'ordre de -25 à -40 %), même si le médicament reste non remboursé lorsqu'il est délivré pour un motif touristique.
- Une disponibilité accrue dans les officines, y compris les centres de vaccination internationale.
- Une posologie strictement identique : un comprimé par jour, commencé la veille du départ, jusqu'à sept jours après la sortie de zone.
Efficacité et équivalence
Le générique contient la même association de molécules, au même dosage (250 mg d'atovaquone / 100 mg de proguanil). L'Agence nationale de sécurité du médicament impose une bioéquivalence strictement démontrée avant toute mise sur le marché. Autrement dit : l'efficacité clinique est identique.
Ce que cela change pour vous
Si votre médecin vous prescrit de l'atovaquone-proguanil, vous pouvez désormais demander le générique en pharmacie. C'est exactement le même mécanisme que pour un antibiotique ou un antihypertenseur. Quelques réflexes à garder :
- Conservez la boîte et la notice pendant toute la durée du séjour : certains contrôles aux frontières exigent la déclaration des traitements.
- En cas de fièvre au retour, pensez à préciser la moléculeet non la marque : tout médecin infectiologue reconnaît l'atovaquone-proguanil.
- Le générique ne dispense pas des mesures de protection mécanique : répulsifs, moustiquaires, vêtements longs.
Pour un panorama plus large des options de prévention du paludisme — doxycycline, méfloquine, atovaquone-proguanil — et leurs indications selon la destination, nous vous renvoyons à notre dossier Vaccins et prévention santé du voyageur.
Rappel important : aucun antipaludique n'est efficace à 100 %. La prophylaxie reste complémentaire de la prévention mécanique des piqûres de moustiques.
