Le nouvel urbanisme: Des villes pour les hommes, pas les voitures

Le nouvel urbanisme stipule que notre conception de la ville – cloisonnée, non-durable, et basée sur l’essence bon marché – doit changer.

L’avenir est urbain. Nous le savons. Plus de la moitié de l’humanité vit dans les villes et cette proportion va augmenter avec l’exode rural.

Est-ce bon pour la planète ?

Les villes sont responsables pour deux tiers des émissions de gaz à effet  de serre dans le monde. Elles utilisent beaucoup d’énergie et d’eau, elles détruisent les terres et les forêts ; et elles concentrent les industries polluantes et les voitures.
D’un autre côté – en concentrant beaucoup de personnes dans un espace réduit on peut fournir l’électricité, l’eau, la nourriture et les transports plus efficacement avec mois de gaspillage. Le travail, le domicile et l’école sont plus proche l’une de l’autre.
Les New-Yorkais ont une empreinte carbone deux fois plus petite que les habitants de Denver parce que la densité de population de la « Big Apple » est plus forte. Les résidents de « Mile High City » vivent dans de grandes maisons en banlieue et doivent se déplacer en voiture ; Les habitants de Manhattan vivent en appartements et peuvent prendre le métro ou marcher.
Donc l’impact d’une ville sur l’environnement dépend du type de la ville.
Est-ce une ville pour les voitures ou pour les gens ? Est-ce que la ville monte comme New York ou s’étend comme Denver ?
Le nouvel urbanisme, un mouvement informel des architectes, des designers et des urbanistes, qui s’est épanouit depuis les années 1990, répond aux questions importantes sur la vie urbaine en promouvant ces principes :

  • haute densité de population, villes compactes
  • facilement accessible à pied
  • transport collectif
  • utilisation mixte de l’espace

Selon ces principes, les villes seraient créées aux dimensions de l’homme, pour ses mouvements et ses besoins, pas des voitures, qui  nécessitent plus d’espace et de carburant. De plus, les voitures génèrent des villes très étendues, ce qui nécessite des kilomètres de tuyaux et de câbles, des infrastructures supplémentaires et des logements surdimensionnés.
Les centres-villes deviendraient plus denses ; ils combineraient des zones résidentielles, des commerces et des bureaux afin que les gens puissent se déplacer à pied ou avec les transports publics. Grâce à ces nouvelles règles, les gens pourraient vivre, travailler et se divertir plus étroitement. La nuit, le centre-ville ne se transformerait plus en ville fantôme.
Les bâtiments seraient plus hauts et les maisons seraient remplacées par des immeubles d’appartements avec des toits en terrasse et des restaurants, des bureaux et des serres verticales. Les bâtiments polyvalents sont déjà une caractéristique des villes modernes en Asie comme Seoul ou Tokyo.
Le réseau des rues et les parkings pourraient être réduits pour créer de l’espace pour des parcs et des fermes urbaines. Le transport en commun serait alors le meilleur moyen de se déplacer, comme à Manhattan ou Tokyo.
Beaucoup des villes européennes, créées au moyen âge, ont été bâties sur ces principes et ont conservé cet héritage.
Mais d’autres ont embrassé la culture automobile, c’est pour ca que les Londoniens  supportent des embouteillages quotidiens. En imitant l’Amérique, les Britanniques ont oublié qu’ils vivent sur une île bondée et non sur de vastes terres continentales.

Les villes changent

Mais les erreurs passées peuvent être corrigées. Les impôts pourraient influer sur l’utilisation des voitures et promouvoir les transports en commun ; le péage à Londres en est une preuve.
La commune de Vauban en Allemagne est allée plus loin ; elle a interdit les voitures totalement. Les gens se déplacent à vélo ou en tram pour aller à Freiburg, la ville proche. Les rues asphaltées et les places de parking ont été remplacées par des pelouses et des parterres de fleurs. Les enfants jouent dans la rue.
Selon Jaime Lerner, l’ancien maire de Curitiba au Brésil et le gagnant du « United Nations Environment Award », ca ne prend que trois ans pour améliorer une ville si on a la volonté politique.
Lerner est connu pour la restructuration du système de transport à Curitiba en lançant un système de bus rapide. En 1974 les bus ont transporté 25000 passagers par jour ; aujourd’hui c’est 2,2 millions par jour. La population de la ville a doublé depuis 1974, mais le trafic a baissé de 30%.
« La ville n’est pas un problème, mais une solution pour le changement climatique. », dit Lerner à une présentation à la conférence « Technology, Entertainment, Design » (TED). « Mais il ne suffit pas de construire des bâtiments verts et d’utiliser des nouvelles énergies. Il s’agit aussi de revoir la conception de la ville. »
L’architecte danois Jan Gehl, conseiller en design urbain à Londres et à Sydney, propage cette vision dans une interview à la BBC World Service, il explique les erreurs des urbanistes.
« Les urbanistes ont travaillé à partir des maquettes de ville. Ils sont restés debout et ont oublié de se pencher au niveau de la rue. C’est l’urbanisme «  top-down » : la création d’une machine urbaine, pas d’un habitant humain.
Gehl déclare: « En urbanisme, je voudrais que les gens soient aussi visible que les voitures l’ont été depuis 50 ans. Toute les villes ont un service de voirie, qui compte les voitures, mais aucune ne compte les piétons. »
Gehl explique comment Copenhague a commencé. Des trottoirs plus larges croisent les carrefours, estompant les frontières entre la chaussée et les trottoirs. Les études montrent que cet espace partagé conduit au fait que les conducteurs ralentissent et la sécurité de la rue s’améliore. Le résultat : « Ma petite-fille, qui a 7 ans peut aller à l’école à pied sans traverser les rues. »

Une ville, où il est facile de se déplacer à pied, serait aussi une ville plus verte.

Pour les villes, il y a mille choses à faire pour réduire leur impact sur le climat : des bâtiments verts, le recyclage de l’eau et des déchets, les installations de chauffage, des initiatives d’énergies renouvelables, des petits réseaux qui permettent la génération et la distribution d’énergie: Toutes ces mesures sont très importantes.
Ces villes, dites villes vertes offrent des visions utopiques, incorporant beaucoup de ces innovations. Mais les villes comme Madsar à Abou Dabi ou Dongtan en Chine existent seulement sur le papier.
Le nouvel urbanisme nous pousse à repenser les villes et la place de la voiture dans notre vie. Jaime Lerner résume avec humour :
« Une voiture c’est comme une belle-mère. Vous devez avoir des bonnes relations avec elle, mais elle ne peut pas disposer de votre vie. Si la seule femme dans votre vie est votre belle-mère, vous avez un problème. »

Cet article est une traduction de New urbanism: Cities for people, not cars paru initialement sur Allianz Knowledge.

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